Trois semaines pour découvrir le Japon

2 juillet 2017
Trois semaines, c’est bien trop peu pour découvrir le Japon ! Mais découvrir le Japon, justement, ça a un coût et pas des moindres. Trois semaines étaient le bon compromis entre nos finances et nos envies : Kyoto, Hokkaido, Tokyo.

Ces dernières semaines, je vous ai raconté, sur le blog, mon voyage au Japon en 2013. Dans ce dernier article, j’ai envie de partager avec vous des réflexions qui me sont venues pendant ces quelques semaines, mais aussi des anecdotes et des détails concernant l’organisation. Pour illustrer cet articles, quelques photos du Japon by night ! Comme Hong Kong et la Corée, le Japon est incroyablement photogénique dans l’obscurité. Il est aussi complètement sûr et se balader avec un gros appareil photo autour du cou ne pose aucun souci (enfin, si, ça pose un souci aux cervicales ! Ne portez pas votre appareil autour du cou, c’est mauvais pour le dos !).

decouvrir le japon

DECOUVRIR LE JAPON : ITINERAIRE

Je suis partie avec l’une de mes plus proches amies pour découvrir le Japon. Nous avons rejoint une copine de fac, qui vivait à Kyoto à cette époque-là. Nous avons décidé de prendre trois semaines entières : une semaine à Kyoto, une semaine à Hokkaido et une semaine à Tokyo.

se déplacer. Nous avons choisi l’avion. Les vols internes fonctionnent très bien au Japon et c’est finalement moins cher et plus pratique de prendre l’avion entre Kyoto et Sapporo, puis entre Sapporo et Tokyo, que de louer une voiture ou de prendre le train. Même si les trains, justement, sont d’une efficacité redoutable au Japon, il faut faire un choix entre « bon marché + lent » et « rapide + hors de prix ». L’avion permet de faire un peu moins cher que le Shinkansen, l’équivalent japonais du TGV, en un temps record.

se loger.

À Kyoto, nous avons logé chez Caroline, ma pote de fac. Ce fut une économie TRÈS appréciable.

À Hokkaido, nous avons logé au Sounkyo Youth Hostel Kamikawa quand nous étions à Sounkyo et au Sapporo Tobu Hôtel pour nos deux nuits à Sapporo. L’auberge de jeunesse de Sounkyo est chaudement recommandée : les salles communes sont très agréables, le personnel très sympa et les dortoirs confortables.

À Tokyo, nous avons passé une nuit au Kimi Ryokan, pour avoir une idée de ce à quoi ressemble une maison traditionnelle japonaise. Ce fut un pur bonheur. Malheureusement, il n’y avait pas assez de chambres libres pour l’intégralité de notre séjour tokyoite. Nous avons donc terminé à l’auberge de jeunesse Anne dans le quartier d’Asakusabashi et nous avons ADORÉ ! La salle commune était super agréable, nous avons pu échanger facilement avec le staff et avec les autres voyageurs. Nous avons même rencontré un Australien et deux Japonais qui nous ont emmené pour un karaoke endiablé qui s’est poursuivi jusque tard dans la nuit !

BUDGET

Est-ce que c’est cher, le Japon ?

Alors on va pas se mentir, c’est pas donné. Si vous voulez du dépaysement à bas coût, il faut privilégier la Thaïlande ou le Vietnam, le coût de la vie est nettement moindre. Le Japon est une destination assez élevée en terme de budget, surtout si vous devez payer l’hébergement (ce qui est le cas dans la majorité des cas, on a rarement des amis dans chaque ville qu’on veut visiter !) et les transports si vous voulez changer de villes.

Les auberges de jeunesse sont un vrai bon plans pour économiser de l’argent. Le confort est vraiment correct, parfois plus que dans certains de nos hôtels (en particulier à Paris, où le nombre d’étoiles accordés à certains établissement défie l’entendement). Si vous êtes deux ou trois, vous pouvez même avoir une chambre privée dans les auberges. C’est un peu plus cher, mais nettement moins qu’un hôtel.

Côte nourriture, c’est pareil : dans les 7/11, des supérettes ouvertes de 7h du matin à 11h du soir, on peut trouver plein de trucs à manger pour trois fois rien. C’est tout à fait possible de ne dépenser que quelques euros par jour dans les repas. C’est possible… mais pas satisfaisant ! En alternant entre déjeuner sur le pouce et repas au restaurant, on a réussi à ne pas faire de folies tout en se faisant plaisir.

Concernant les transports d’une ville à l’autre, l’idéal est de s’y prendre à l’avance, surtout pour les vols intérieurs. De ce côté-là, c’était rapé pour nous : nous sommes partis environ 15 jours après avoir pris la décision ! C’était un coup de tête, on en a payé le prix, soit une centaine d’euros pour chaque liaison inter-ville (deux au total). On va dire que c’est du low cost amélioré. Le TGV coûtait 350 euros par voyage !

Globalement, de mémoire, je dirais que ce voyage m’a coûté aux alentours de 2 500 euros, billets d’avions Paris – Tokyo compris : c’était environ 600 euros, c’était pas si longtemps après le tremblement de terre et l’effet se faisait clairement sentir sur les prix. J’ignore complètement quels sont les prix en 2017 !

ROULER À GAUCHE

Pendant nos recherches, une fois que nous avons décidé que nous voulions visiter Hokkaido, il est rapidement devenu évident que le plus simple, pour se déplacer… était de louer une voiture. Ce n’est pas plus cher qu’en France et la demande de permis international n’est qu’une formalité. En revanche, la conduite à gauche… ça, c’est une autre paire de manche.

Sur trois filles à bord, nous étions deux conductrices. Nous avions convenue que nous serions toujours toutes les deux à l’avant : deux paires d’yeux valent mieux qu’une seule. Je n’ai pas compte le nombre de « tourne à droite, mais reste à gauche » que nous avons prononcé dans l’habitacle ! Nous avons aussi eu quelques frayeurs, quand l’une de nous réalisait soudain que nous roulions à droite depuis vingt bonnes minutes !

Heureusement, les routes d’Hokkaido ne sont pas très fréquentées et les Japonais sont trop polis pour nous insulter à voix haute. Nous nous en sommes sorties saines et sauves !

ÔDE AU BAIN JAPONAIS

Ceci est une déclaration d’amour. Rien que ça.

Les Japonais et l’art du bain, c’est tout une histoire. Des livres entiers y sont consacrés. Certains Japonais passent 45 minutes, TOUS LES SOIRS, dans leur salle de bain. Il faut dire que, contrairement à nous, ils ne marinent pas dans leur crasse. Le bain japonais est codifié et le principe cardinal est celui de l’hygiène. C’est pour cela que les salles de bain japonaises n’ont rien à voir avec les nôtres. La baignoire est plus petite, elle est conçue pour qu’on s’y asseye plus que l’on s’y couche. À côté de la baignoire, il y a souvent une douchette. D’abord, on se lave à douchette, directement sur le sol. On se frotte, on se récure, on se rince. Il ne doit plus rester un soupçon de saleté. Ensuite, seulement, on peut profiter de l’eau du bain. La même eau peut ainsi servir au bain de toute la famille, puisqu’ils sont propres quand ils entrent dedans.

Cet amour du bain se traduit par une profusion de bains publics, partout dans le pays et dans toutes les villes. L’entrée ne coûte généralement que quelques euros. C’est le même manège : d’abord on se lave, ensuite on se baigne. Pour les étrangers, c’est vraiment quelque chose à tester au moins une fois !

Enfin, le Graal, c’est l’onsen. Le Japon était un pays volcanique, il y a des sources d’eau chaude partout. Certaines ont des spécialités, selon la composition de l’eau. Pendant notre séjour à Hokkaido, nous avons passé quelques heures dans un onsen dont l’eau, gavée de souffre, affichait une magnifique couleur orange. Beaucoup d’onsen sont aussi construits avec des bassin à l’extérieur, pour profiter du panorama. C’était magique.

Nous avons adoré… mais nous étions nues ! La nudité est de rigueur dans les bains publics et dans les onsen. Il en existe des mixtes, mais la norme est plutôt à la séparation des hommes et des femmes.

J’avais déjà fait l’expérience du sauna en Corée du sud. Là aussi, dans les bains, tout le monde était nu. Au début, en tant qu’Occidentale, on éprouve une certaine gêne à se dénuder. La nudité totale n’est pas habituelle chez nous. Dans les piscines, on voit souvent des panneaux pour interdire la douche dans le plus simple appareil !

Les Japonais ont une autre conception de la pudeur. Elle s’exprime dans l’habillement : les femmes ne dévoilent jamais leurs épaules, les manches vont souvent au moins jusqu’aux coudes, les jupes et les robes descendent jusqu’aux genoux. Ce n’est bien sûr pas une règle d’or et les Japonaises aussi portent des mini-jupes. Pourtant, quand on se promène au Japon, on ne peut s’empêcher de remarquer que les hommes et les femmes sont plus couverts que nous.

Au bain publics, en revanche, on enlève tout. Un principe d’hygiène qui traduit aussi un rapport au corps beaucoup plus sains que chez nous. En Occident, la nudité est liée à la douche (en privé) ou à la sexualité. Elle n’a rien de « sociale ». Au Japon, le bain est un moment important dans la vie sociale et la grande majorité des Japonais se rendent régulièrement aux bains publics.

Si je pouvais retourner au Japon, je pense que j’essaierai de profiter encore plus des bains que lors de ce premier voyage !

Si vous voulez en savoir plus sur le rituel du bain au Japon, d’un point de vue sociologique, cet article de la Revue de psychothérapie psychanalytique de groupe devrait vous intéresser.

J’espère que cette série d’articles sur le Japon vous a plu !

Les articles sur le Japon | Les photos du Japon

Lisa

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