Cinque Terre

6 novembre 2016
Ce voyage me titillait depuis déjà plusieurs mois. Depuis que je vis à Nice, en fait. L’Italie est si proche, si tentante ! Je me suis déjà offerte un weekend prolongé à Gênes et quelques excursions dans les villes voisines de la frontière (Pigna, Imperia, Rocchetta Nervina, Vintimille…), mais j’avais envie de plus de temps. Lundi dernier, j’ai donc pris ma voiture pour un road trip dans le Nord de l’Italie. Première étape : Cinque Terre.

Vous ne le savez peut-être pas, mais vous connaissez déjà les Cinque Terre. En tout cas, vous les avez déjà vus en photo. Peut-être, d’ailleurs, qu’en jetant un oeil aux images de cet article, ça vous a semblé familier… Les Cinque Terre sont un ensemble de cinq villages, situé environ à une heure de route au Sud de Gênes, sur la côte méditerranéenne. Ils sont classés au patrimoine mondial de l’Unesco et il n’est vraiment pas difficile de comprendre pourquoi.

J’ai décidé de n’accorder qu’une journée aux Cinque Terre, j’étais pressée d’arriver à ma prochaine destination, Venise. Du coup, je n’ai pas visité les cinq villages. Je voulais en faire trois, que j’avais repéré avant : Vernazza, Manarola et Riomaggiore.

Lundi, 9h30. Arrivée en voiture à La Spezia. Les hôtels dans l’un des cinq villages sont hors de prix et ils sont difficiles d’accès en voiture. La Spezia se trouve au bout de l’autoroute, les trains et les bateaux pour les Cinque Terre en partent très régulièrement, les hôtels sont bon marché (surtout en automne). Mon hôtel indique, sur son site internet, qu’un parking public gratuit se trouve en face. Parfait ! Je me vois déjà dans le premier village à 10h15, avec la journée entière devant moi. Ça, c’est la théorie. Dans la pratique, quand j’arrive, le parking est déjà plein. Je tourne en ville pendant 20 minutes. Je trouve une place. Elle est payante. Les trois parcmètres alentour sont hors service ! Qu’est-ce que je fais ? Je fraude ? En France, je n’hésiterai pas à risquer l’amende. En Italie, je ne sais pas vraiment comment ça fonctionne. Alors, je repars. Vingt minutes plus tard, je trouve enfin une place… devant mon hôtel. Le temps de poser mon sac dans la chambre, de trouver le chemin de la gare, d’acheter mon billet… Il est 10h15. Heureusement, plusieurs trains par heure circulent sur les Cinque Terre.

Manarola

En arrivant à la gare, je devine que ma journée sera placée sous le signe du tourisme de masse. C’est complètement fou à dire, mais j’ai croisé plus de touristes aux Cinque Terre qu’à Venise d’où j’écris ces lignes ! Les trains sont bondés. Je me retrouve au milieu d’un groupe de touristes chinois très, très bruyants. J’ai prévu de commencer par Riomaggiore, le village le plus proche de La Spezia. Sauf que, j’ignore comment… j’ai loupé mon arrêt ! Je me retrouve donc à Manarola.

Là, premier choc en sortant du train : il y a encore plus de touristes ! Comment font les habitants de ces villages pour supporter ça, si même en pleine semaine, en plein automne, il y a 40 touristes au mètre carré ? Près de la gare, trois petits vieux observent le ballet des vacanciers d’un air un peu désabusé. L’office de tourisme m’apprend que les Cinque Terre totalisent 5 000 habitants, quasiment tous des séniors… Les jeunes, eux, préfèrent s’enfuir vers la ville.

Je pars à la découverte du village. Rapidement, je trouve un sentier qui descend jusqu’au port, puis qui remonte sur la falaise, offrant une superbe vue. Vous reconnaissez la photo ?

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Manarola est l’un des plus touristiques et l’un des plus jolis villages des Cinque Terre. Cette vue du village, en particulier de nuit, a déjà fait le tour du monde. Mais je ne peux pas rester jusqu’au soir… direction le petit sentier côtier qui relie chaque commune. Il se trouve derrière la gare et il porte un joli nom : via dell’Amore. Je me dis que je vais rejoindre Riomaggiore comme ça… sauf qu’au bout de cinq minutes, mon enthousiasme est douché : le sentier est fermé pour cause de risque d’éboulement. Un petit restaurant s’est installé là-haut. Ça tombe bien, il est 12h30, je transpire parce que je me suis habillée trop chaudement (en même temps, je n’imaginais pas qu’il ferait 20° un 31 octobre !), il y a une vue superbe sur la mer… Vendu !

Riomaggiore

Direction, ensuite, Riomaggiore. Cette fois-ci je descends au bon arrêt. À visiter : la belle église qui domine tout le village. Quand vous sortez, avec l’église dans le dos, prenez la rue qui vous fait face. Au bout de quelques pas, sur votre droite, des artistes s’y sont donnés à coeur joie pour décorer les façades.

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Vernazza

Dernière étape de la journée. Là encore, c’est une avalanche de couleurs. À Vernazza, tout converge vers la petite place sur le port. Parfait pour une pause pour déjeuner ou goûter ! Surtout à la fin de l’après-midi, quand le soleil s’engouffre dans la crique et inonde la place de lumière.

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Depuis Vernazza, je prends un bateau pour rentrer à La Spezia. Départ à 16h30, arrivée à 18h. Et comme la nuit tombe juste avant 17h en cette période de l’année, je profite d’un superbe coucher de soleil ! Alors, on ne va pas se mentir, le bateau coûte cher : 20 euros pour la traversée, ça fait geindre le porte-monnaie… mais ça vaut le coup. Sur bateau, essayez de vous placer à l’étage, sur le côté gauche. Vous aurez une vue splendide sur chacun des villages. Nous avons même eu droit à la visite de quelques dauphins !

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COMMENT ÇA MARCHE ?

Pour se rendre aux Cinque Terre depuis La Spezia et se déplacer entre les villages, plusieurs options.

Le train. C’est le plus simple et le plus économique. Vous pouvez trouver les horaires ici. Chaque trajet coûte 4 euros. Si vous avez prévu de faire plus de trois villages, vous avez intérêt à acheter une Cinque Card Treno Card pour 12 euros. Elle permet de prendre les trains de manière illimitée pendant une journée entière. Ça vous évite aussi de refaire la queue pour acheter un ticket à chaque étape. Bon, dans les faits… je n’ai pas réussi à trouver où acheter ce pass ! Sur le chemin de la gare, je suis passée devant un office du tourisme, ils en vendent à cet endroit. Erreur de ma part : je me suis dit que je pourrais l’acheter à la gare directement… C’est sans doute possible, mais les files d’attente étaient ridiculement longues et quand je n’ai pas trouvé la Treno Card sur l’automate, je n’ai pas eu le courage de refaire la queue à un guichet. Comme je n’avais prévu que trois voyages en train, ça revenait au même.

Les sentiers. Si vous restez plusieurs jours, il serait dommage de ne pas en profiter : il existe de nombreux sentiers de randonnées pour passer d’un village à l’autre. Le plus touristique longe le littoral. Certaines parties demandent d’être un peu sportif, mais d’autres, notamment celle qui relie Manarola à Riomaggiore, sont accessibles à tous. Malheureusement, lors de mon passage, ce sentier côtier était fermé, en raison d’un risque d’éboulement. Le 25 octobre 2011, à cause de pluies torrentielles, des torrents de boues ont dévastés plusieurs villages. Bilan : plusieurs morts et des dégâts faramineux. Des volontaires ont aidé les habitants à tout remettre en état, mais certains sentiers ont été durablement abîmés et ne sont toujours pas praticables. Pour savoir quel sentier est ouvert, en temps réel, rendez-vous sur ce site.

Le bateau. C’est l’option la plus chère, mais aussi la plus agréable. De mars à octobre, des navettes relient les Cinque Terre (seulement quatre des cinq villages, puisque Corniglia n’est pas sur la mer) à La Spezia, en passant par Porto Venere. Les prix et les horaires se trouvent sur cette page.

La voiture. Ce n’est vraiment, vraiment pas une bonne idée, même si c’est théoriquement possible. Et encore, pas partout. Les villages sont intégralement piétons, il faudra donc se garer à l’extérieur dans des parkings hors de prix (surtout en pleine saison)

Et sinon ? Sinon, je vous recommande d’éviter les Cinque Terre en pleine saison. D’une manière générale, l’Italie au mois d’août (et dans une moindre mesure, juillet), n’est pas une très bonne idée. Les températures atteignent des sommets, la foule de touristes vous rendra agoraphobe, les prix sont exorbitants… C’est d’autant plus inutile de s’infliger tout ça que le beau temps ne s’arrête pas au 31 août. Septembre, octobre et même novembre sont tout aussi agréables, voire plus.

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Lisa

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