Gênes, fille de la Renaissance

24 janvier 2016

La semaine dernière, je vous parlais de Rome. Un voyage datant de 2012, autrement dit, une éternité ! C’était ma première incursion en Italie, la seule jusqu’à il y a deux semaines auparavant. Mi-janvier, de passage sur la Côte d’Azur, je me suis offert un weekend à Gênes. Depuis Nice, le billet de train aller-retour coûte une cinquantaine d’euros et les hôtels et auberges de jeunesse abordables ne manquent pas.

Après un weekend dans Rome, l’Antique, je vous propose donc deux jours à Gênes, fille de la Renaissance. Au programme, cinq idées d’occupation et de visite.

Avant de commencer, je vous propose de lancer cet audio. Francesco Torre est un compositeur basé à Londres, mais ce morceau, qui s’appelle Genova, le nom italien de Gênes, m’a rappelé ma propre expérience de la ville. 

Via Garibaldi

Obligé. Passer à Gênes sans visiter Via Garibaldi serait un pêché ! Le premier jour, le temps gris et pluvieux m’a gâché la visite. Certaines villes ont un charme fou sous la pluie, ce n’est pas le cas de Gênes. Même Rome ne manque pas de panache sous les flocons ! Gênes, sous les gouttes, est déprimant. Je suis repassée le lendemain, en chemin pour attraper mon train. Cette fois-ci, le soleil brillait et la visite s’est révélée bien plus agréable !

N’empêche, Via Garibaldi est un passage obligé à Gênes. La rue, piétonne, est constituée par une série de rolli, des demeures italiennes réservées aux dignitaires et aux rois de passage à Gênes. Chaque palais rivalise de beauté, de décors élaborés, de sculptures et de peintures avec les autres. Les façades peintes sont un spectacle à elles seules. Aujourd’hui, la plupart de ces palais appartiennent à des banques, à l’équivalent d’une chambre de commerce et d’industrie et à la mairie. Si l’hôtel de ville est accessible, ainsi que certains palais, transformés en musées, de nombreux rolli n’offrent qu’un accès limité aux visiteurs. On admire, mais de loin, ces vestiges d’une glorieuse Renaissance italienne.

Info pratique : en plein milieu de Via Garibaldi, devant l’Hôtel de Ville, se trouve un office du tourisme qui vous donnera une carte et des idées de visites !

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Le centre historique

Gênes ne se limite pas à Via Garibaldi. À vrai dire, il y a beaucoup de choses à voir à Gênes. Depuis Via Garibaldi, on peut rejoindre facilement la Piazza de Ferrari, l’une des plus belles places de la ville, avec sa fontaine et ses immenses façades. À proximité se trouve l’église de San Lorenzo, qui vaut une petite visite. Dans les parages, vous trouverez aussi la maison de Christophe Colomb, né à Gênes et un dédale de petites rues, qui constituent le centre historique et dans lequel il est agréable de se perdre. Tout ça est indiqué sur des panneaux avec directions.

De retour vers la gare, grimpez jusqu’à la Spianata di Castello, sur les hauteurs de la ville. Vous y trouverez un magnifique panorama sur Gênes. Il existe des ascenseurs. Je ne les ai pas trouvés, je suis montée à pied. Cela dit, vu tout ce que j’ai mangé à Gênes, les 10 minutes de cardio étaient bienvenues. Je vous conseille d’y aller un peu avant le coucher du soleil, la lumière rase met en valeur la ville et le port.

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Acquario di Genova

Première journée à Gênes : une pluie glaciale tombe sur ma tête, ruisselle depuis mes cheveux jusqu’à mes chaussettes. La grisaille défigure la ville et j’ai dormi trois heures la nuit précédente. Autant dire que je ne suis pas d’humeur à affronter les éléments qui ont décidé de pourrir mon séjour. Hors de question de me balader en ville tant que le ciel se déchaînera. Je n’avais pas prévu de mettre les pieds dans l’Aquarium de Gênes, pourtant très réputé, recommandé par mes collègues et présenté par tous les guides comme l’un des plus réussis d’Europe. Qui voyage en Italie pour s’enfermer dans un aquarium, je vous le demande ? Mais comme indiqué plus haut, j’avais froid, mal aux pieds et l’aquarium revêtait soudain un charme inopiné. Vingt-quatre euros plus tard (VINGT-QUATRE ! Si c’est pas une arnaque ça), me voici au sec. Ironiquement.

Au final, j’ai passé un excellent moment. Au-delà du prix exorbitant, l’aquarium mérite sa réputation. Si vous n’avez que deux jours, voire une journée, et que le soleil répond présent, cet arrêt ne se justifie peut-être pas. Et encore. Le parcours est très bien construit, divertissant, instructif et ludique. Grande fan des mers et des océans que je suis, j’ai été émerveillée par les bassins. Gros coup de coeur pour celui des hippocampes, au tout début du parcours, celui des pingouins, hilarants et infatigables, et celui des méduses, absolument splendide. Vous passerez aussi devant un beau bassin de requins, vous apercevrez des otaries curieuses et joueuses, des dauphins avec leurs bébés, des lamantins mâchonnant leur salade avec flegme, des étoiles de mer aux couleurs insoupçonnées, mais aussi des reptiles et des amphibiens. Au total, 15 000 animaux dans plus de 70 bassins. Le tout, sur le Porto Antico, le Vieux-Port de Gênes, avec une vue agréable sur la ville et sur la mer. Je suis sortie requinquée, le prix du billet oublié, juste quand le soleil daignait percer les nuages. Parfait. D’ailleurs, en sortant de l’Acquario di Genova, je vous conseille de profiter du Porto Antico, un lieu populaire et authentique.

Le site de l’aquarium : j’ai lu qu’il était possible d’acheter des tickets, parfois à prix réduit

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Via Cesarea

Vous ne trouverez pas cette recommandation dans beaucoup de guides, il s’agit d’un coup de coeur personnel. Via Cesarea est une rue perpendiculaire à Via XX Settembre, une artère grandiose comme l’Italie sait en faire. Là encore, les façades sont à couper le souffle. Principale différence avec la Via Garibaldi : la Via XX Settembre n’est pas piétonne, les voitures et les bus se croisent en permanence, il s’agit de l’une des rues principales de Gênes, elle rejoint la Piazza de Ferrari, mentionnée plus haut.

En remontant la Via XX Settembre, je me suis arrêtée dans la Via Cesarea. J’ignore pourquoi, j’ai bifurqué presque spontanément dans cette charmante avenue, entièrement piétonne, aux façades élégantes et ponctuées de petits kiosques attenants des cafés et des restaurants. Si vous avez envie de vous poser pour une demi-heure, une heure, toute une après-midi, je vous recommande Via Cesarea.

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Corso Italia et Boccadasse

Ce sont deux des best-sellers de Gênes. Tous les guides, tous les visiteurs vous conseillent d’accorder quelques heures à la Corso Italia, une grande avenue pavée qui longe la mer, vous amène jusqu’à Boccadasse, un petit port entouré de maisons colorées et qui vous plonge dans les films italiens des années 50, avec le linge suspendu aux fenêtres, les filets de pêcheurs posés sur le sol, les anciens assis avec un café qui observent les jeunes s’activer près des bateaux. Très franchement, Boccadasse était l’une des principales raisons qui m’ont donné envie de visiter Gênes, parce que les images que j’en voyais étaient magnifiques (et bien plus réussie que les miennes, voyez plutôt la sélection de Flickr !). Bizarrement, je m’attendais à être déçue de l’ambiance, à me retrouver dans une sorte de disneyland. En fin de compte, j’ai plutôt loupé mes photos, mais j’ai été séduite par l’atmosphère. On arrive à Boccadasse après une bonne balade sur la Corso Italia (et ça monte, parfait pour éliminer la pizza de la veille). Juste après une église, une petite place baignée de lumière donne une vue imprenable sur Boccadasse. Bien sûr, il y avait des touristes, dont moi, mais la plupart des gens présents semblaient locaux, assis contre l’église, les yeux fermés, savourant la douceur du soleil et la musique de la mer. J’ignore à quoi ressemble la ville en plein été et je suspecte que cette expérience privilégiée est très différente en plein mois de juillet. En janvier, ce fut un plaisir.

Pour continuer la visite : je me suis pas mal aidée de ce PDF élaboré par l’office du tourisme génois pour organiser mes visites.

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Bonus : Imperia

Le train au départ de Gênes, en direction de Nice, passe par la petite ville d’Imperia, qui doit son nom à Mussolini, originaire du village et qui a décidé de renommer, en toute simplicité, l’endroit qui l’a vu grandir. Au-delà de l’anecdote historique, Imperia est aussi le foyer d’un ami de ma famille, qui m’a accueilli pour une nuit et une journée. L’occasion de prolonger le weekend en passant du temps avec des proches. Et de découvrir Imperia, jolie bourgade, qui vous ravira si vous passez par là et que vous avez envie d’y perdre quelques heures.

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Lisa

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