Un weekend en Corrèze

19 juin 2016

Après le Cantal, la Corrèze ! Le centre de la France est trop injustement mal-aimé dans ce pays. Le Limousin et l’Auvergne souffre d’une image peu flatteuse, parfois méritée. Oui, ces deux régions figurent parmi les plus vieilles de France, il n’y a pas un théâtre à chaque coin de rue, les routes et les trains y sont plus rares que dans le reste de la France… Mais il y fait bon vivre ! J’ai tenté de vous convaincre de donner une chance au Cantal, je vais essayer aujourd’hui de vous séduire avec la Corrèze ! Non, je n’ai pas peur des défis !

Voici quelques idées pour un séjour en Corrèze.

Une journée à Brive

Brive n’est pas qu’un haut lieu du rugby français ! C’est aussi une jolie ville, charmante, avec un centre organisé autour de sa cathédrale. On en fait très vite le tour, ce qui permet de prendre le temps pour quelques visites. Faites un détour du côté de la distillerie Denoix, qui concocte des liqueurs (de noix, bien sûr) depuis près de 180 ans ! La distillerie est partiellement ouverte au public, on peut donc y observer la manière dont les liqueurs et les apéritifs sont élaborées, les chaudrons en cuivre, le vieil alambic. Bien sûr, on vous proposera une dégustation !

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Dans la catégorie « plaisir de la bouche », il y a aussi le chocolatier Bovetti. Si vous avez le temps, essayez aussi de faire un passage par les Pans de Travassac et le gouffre de la Fage. J’ai beaucoup regretté ne pas pouvoir y aller quand je vivais en Corrèze !

Turenne & Collonges-la-Rouge

Le village de Turenne fait partie du Top 5 des plus beaux villages de Corrèze, d’après l’office du tourisme ! Perché à 15 km au sud de Brive, c’est parfait pour une excursion d’une après-midi, au calme, entre amis ou avec des enfants. Il y a une petite montée pour atteindre le château et la haute tour qui se voit à des kilomètres à la ronde, mais c’est très accessible. Une fois parvenus au sommet, vous serez récompensé par une très belle vue sur toute la région et de joli jardins.

Turenne

Dans ce top, il y a aussi Collonges-la-Rouge, à une vingtaine de minutes en voiture depuis Turenne. C’est sans doute l’un des villages les plus prisés par les touristes, en particulier pendant l’été. En regardant les photos, vous comprendrez aisement pourquoi le village porte ce nom… Je vous recommande de faire Turenne et Collonges-la-Rouge dans la même journée. Les deux se font très bien en quelques heures et la route entre les deux est très agréable.

Collonges

Repartez au temps des Gallo-Romain à Saint-Merd-les-Oussines

L’un des gros points forts de la Corrèze, c’est que d’un bout à l’autre du département, les paysages ne sont pas les mêmes. Saint-Merd-les-Oussines, perdu sur le plateau de Millevaches, est très différent de Brive et de Tulle. Le village est connu pour les ruines gallo-romaine du site des Cars, qui datent des 2e et 3e siècles. Le temps d’une journée de juillet, les 130 habitants se retrouvent, se déguisent, redonnent vie à un mini-village où les faux gaulois affrontent les faux romains… La prochaine sera le 14 juillet, si jamais vous passez par là, ne le loupez absolument pas ! Le site est en accès libre, mais l’office du tourisme organise aussi des visites guidées pour replonger dans l’histoire du site. C’est l’un de mes coups de coeur corréziens.

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La Tourbière du Longeyroux

Tant qu’à être sur le plateau de Millevache, faites un saut à la Tourbière du Longeyroux. Elle a 8000 ans. C’est parfait pour une rapide balade de moins d’une heure. Il y a un sentier balisé qui vous fera traverser la tourbière. Mais, une fois n’est pas coutume, je vous conseille de vous joindre à l’une des visites guidées organisées par l’office de tourisme de Meymac. Les guides sont très intéressantes et vous permettront de vraiment comprendre le fonctionnement subtil et l’écosystème de la tourbière. J’ai généralement horreur des visites guidées, mais j’ai adoré celle-ci.

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Allez à la rencontre des traditions

Une fois par an, au Puy-Grand, les anciens font revivre les traditions. Le comité des fêtes du village organise un concours de fauchage. Une dizaine d’amateurs, quasiment tous âgés de plus de 65 ans, passent la journée un champ de foin, la faux à la main. Dès qu’un moins de 40 ans s’approche, ils sont ravis. La Corrèze, c’est aussi ça : des gens attachants qui seront heureux de discuter avec vous, de vous faire découvrir leurs traditions et leur patrimoine. Je vous propose d’écouter Rémi, Zézé, Michel… Ils m’ont fait découvrir (et essayer !) le fauchage à l’ancienne.

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Un hommage à Jean Maison

Il y a exactement une semaine, un très grand monsieur s’est éteint en Corrèze. Il s’appelait Jean Maison, c’était un ancien résistant et il a passé sa vie entière au service des autres. Souvent, quand on dit ou qu’on écrit ça, « il a passé sa vie au service des autres », c’est une formule creuse, presque automatique quand on parle d’un homme ou d’une femme qui a participé à la résistance pendant la Seconde guerre mondiale. Pourtant, des salauds, des tire-gâchette, des enfoirés, il y en avait aussi chez les résistants. Ils se battaient pour notre liberté, oui, et nous leur devons beaucoup, mais ils n’en étaient pas moins franchement antipathique. Pas Jean Maison. Jean Maison était un vrai gentil, quelqu’un qui, du haut de ses 90 ans, se mettait toujours à votre hauteur et vous regardait droit dans les yeux pour vous raconter ce que vous vouliez savoir.

« Vous avez déjà tué un homme ? » « Peut-être, répond-il… Quand ça tirait dans tous les sens, qui sait où les balles atterrissait ? »

Et puis il vous raconte l’histoire de ce collabo, capturé « par les copains ». « Les chefs nous ont dit : occupez vous-en. On savait bien que ce cela voulait dire. Tuez-le. Bon. Mais personne n’avait envie de tirer. Alors, on lui a demandé : tu sais cuisiner ? Il savait. On l’a installé devant la marmite, au milieu du campement. On a fait semblant de le laisser seul. On s’est dit : il va essayer de s’enfuir, on tirera à ce moment-là, on n’aura pas le choix, on ne peut pas le laisser s’échapper. Sauf qu’il n’a jamais essayer de fuir. Alors nous n’avons jamais tiré. »

Comme tous les anciens combattants, Jean Maison avait des dizaines et des dizaines d’histoires comme celles-ci. Il ne portait que la médaille de la résistance, « pour les copains que j’ai vu mourir pendant la guerre ». Son nom de résistant, c’était « Toto, le dernier de la classe ».

Ces histoires, ces petites leçons de vie qui n’en avaient pas les grands airs, il les racontait, patiemment, aux gamins, dans les écoles. Il faisait un tabac ! Je l’avais rencontré un 8 mai, pour lui demander de me raconter son 8 mai 1945. Je vous propose ici d’entendre sa réponse.

Jean-Maison

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Lisa

1 Comment

  • Reply Alex 21 juin 2016 at 20 h 59 min

    Ca à l’air sympa le pays de François… Au passage tes photos sont super belles!

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